🩸 Hors-série spécial – Protections périodiques

🩸 Hors-série spécial – Protections périodiques

Ce qu’on nous cache de plus en plus mal, ce qu’on peut faire autrement

(et pourquoi on ne regrette rien)

Cet article, je voulais l’écrire depuis longtemps.

Parce qu’on parle de WC, d’organisation, de maison et puis il y a ce sujet qui traîne dans un coin depuis le début de la série et qui mérite vraiment qu’on s’y arrête.

Parce qu’il touche à notre santé, à notre porte-monnaie, à notre planète. Et parce qu’une fois qu’on sait, on ne peut plus faire semblant de ne pas savoir.

Alors on y va. Entre femmes. Sans tabou. 🤝


⚠️ Ce qu’on met dans nos culottes depuis des décennies et ce qu’on ne nous dit pas

Commençons par le début. Le plus inconfortable.

Les protections périodiques classiques (tampons, serviettes hygiéniques industrielles) sont en contact direct avec l’une des muqueuses les plus absorbantes de notre corps. Pendant des heures. Plusieurs jours par mois. Pendant des décennies.

Et leur composition ? Un cocktail que personne ne nous a vraiment présenté clairement :

🧪 La dioxine : sous-produit du blanchiment au chlore. Classée cancérigène. Présente à l’état de traces dans les protections ultra-blanches classiques. Mais des traces répétées, pendant 30 ans, ça s’accumule.

🧪 Les pesticides : le coton conventionnel est l’une des cultures les plus traitées au monde. Glyphosate, organophosphorés… retrouvés dans des analyses indépendantes de tampons et serviettes du commerce.

🧪 Les parfums et neutralisants d’odeurs : perturbateurs endocriniens potentiels, allergènes connus. Complètement inutiles sur le plan sanitaire, uniquement là pour nous faire croire qu’une muqueuse saine doit sentir « la fraîcheur printanière ». Spoiler : non. 🙄

🧪 Les plastiques et superabsorbants : les serviettes classiques contiennent jusqu’à 90% de plastique. Le gel superabsorbant (polyacrylate de sodium) dans les tampons a été associé au syndrome du choc toxique.

🧪 Les résidus de traitement chimique : formaldéhyde, éthylène oxyde… régulièrement retrouvés dans des analyses indépendantes.

La bonne nouvelle : on n’est pas obligées de continuer à mettre tout ça dans nos corps. 🌿


🩲 Les culottes menstruelles : notre témoignage duo mère-fille

C’est ma fille qui m’a embarquée là-dedans. Enfin, c’est plus compliqué que ça. 😄

On en avait entendu parler toutes les deux. On avait toutes les deux la même réaction initiale : « Mouais. Je veux bien faire des efforts pour la planète mais là… » Et puis on a décidé de tenter ensemble. Parce que se lancer à deux, c’est quand même plus rigolo que de se lancer seule dans l’inconnu.

Mon vécu à moi : La première utilisation, j’étais sur le qui-vive. J’attendais la catastrophe. Elle n’est pas venue. Confort immédiat, bien plus qu’une serviette classique qui bouge, qui frotte, qui fait ce bruit plastique caractéristique qu’on essaie tous de ne pas entendre en public. 😅 Après quelques cycles, je ne comprends plus pourquoi j’ai attendu aussi longtemps. Vraiment.

Le vécu de ma fille : Elle, c’est encore plus simple : elle n’a presque connu que ça. Et son retour est sans appel : le confort, l’absence d’irritations, le fait de ne pas avoir à surveiller toutes les deux heures si on a « de quoi »… Elle est convertie à 100%.

Ce qui nous a toutes les deux le plus surprises : l’absence totale d’odeur. Contrairement à une serviette classique qui réagit chimiquement au contact du sang et génère des odeurs, la culotte menstruelle en tissu respire. Rien. Nada. On ne comprend pas pourquoi personne ne nous en avait parlé avant.


🧵 Tuto couture . Fabriquer ses culottes menstruelles soi-même

Oui, on peut les faire soi-même. Et oui, c’est plus accessible qu’il n’y paraît, même si c’est un poil plus technique que les lingettes WC de notre épisode 8. 😄

Ce qu’il te faut

Pour le tissu (par culotte) :

  • Du tissu imperméable respirant (PUL – Polyuréthane Laminé) : 1 couche : c’est la barrière anti-fuite. On en trouve en mercerie ou en ligne, environ 3-5€/mètre.
  • Du tissu absorbant (bambou/coton éponge ou microfibre) : 2 à 4 couches selon le flux
  • Du tissu doux pour la face intérieure (jersey coton biologique de préférence) : 1 couche
  • De l’élastique fin (6mm) pour les jambes et la taille
  • Du fil à coudre assorti
  • Un patron (voir ci-dessous)

Le matériel :

  • Machine à coudre avec aiguille jersey
  • Ciseaux ou cutter rotatif
  • Épingles
  • Marqueur tissu effaçable

Le patron

Le plus simple pour débuter : télécharger un patron gratuit en ligne (rechercher « patron culotte menstruelle gratuit PDF ») et l’imprimer à l’échelle 1:1. Il existe des patrons pour toutes les tailles et tous les styles (shorty, slip classique, boxer). Le shorty est souvent recommandé pour débuter car il couvre mieux.

Sinon : on peut partir d’une culotte existante qu’on aime bien, on la pose à plat sur du papier, on trace le contour en ajoutant 1cm tout autour pour les coutures. Patron maison en cinq minutes. 😄

Les étapes

Étape 1 – Découper

Avec le patron, on découpe :

  • 1 pièce avant + 1 pièce arrière dans le tissu jersey (face intérieure)
  • 1 pièce avant + 1 pièce arrière dans le tissu PUL (face imperméable – attention au sens : la face brillante/plastifiée à l’extérieur)
  • 1 rectangle « semelle absorbante » aux dimensions de l’entrejambe, dans 2 à 4 épaisseurs de tissu absorbant superposées

Étape 2 – La semelle absorbante

On superpose les couches de tissu absorbant. On surpique tout autour pour les solidariser, puis on fait quelques lignes de piqûres parallèles dans la longueur pour éviter que les couches ne bougent au lavage.

Étape 3 – Assembler la culotte

On place le jersey (face intérieure) et le PUL (face extérieure) endroit contre endroit. On glisse la semelle absorbante entre les deux, centrée sur l’entrejambe côté jersey. On épingle soigneusement.

On coud les côtés de l’entrejambe en laissant les bords de jambe libres pour y insérer l’élastique.

Étape 4 – Les élastiques

On mesure l’élastique pour chaque ouverture de jambe en faisant le tour de sa cuisse confortablement (sans serrer). On coud l’élastique en l’étirant légèrement tout en cousant, ça crée le froncé qui maintient sans comprimer. Point zigzag ou point stretch.

On fait de même pour la taille.

Étape 5 – Assembler les côtés

On coud les coutures latérales (côtés de la culotte) en jersey + PUL ensemble. On surfile ou on fait un point zigzag pour solidifier.

Étape 6 – Retourner et finitions

On retourne, on ajuste, on vérifie le confort. Une surpiqûre décorative sur le bord de la ceinture si on veut un rendu soigné.

L’entretien

  • Rinçage à l’eau froide juste après utilisation (l’eau froide fixe le sang, l’eau chaude l’incruste : important !)
  • Machine à 30-40° avec le linge courant
  • Pas de sèche-linge (le PUL n’aime pas la chaleur intense)
  • Séchage à l’air, rapide grâce au jersey

Le coût

Tissu PUL + absorbant + jersey + élastique pour une culotte : environ 3 à 6€ selon les tissus choisis. Contre 15 à 35€ pour une culotte menstruelle du commerce. Amorti en quelques cycles. 🎉


🩸 Les serviettes lavables : la transition en douceur

Pour celles qui ne sont pas prêtes pour la culotte menstruelle, les serviettes lavables sont une excellente étape intermédiaire. Même principe que les lingettes WC : du tissu absorbant avec un système de fixation (pression ou bouton-pression) autour de la culotte.

Les avantages : pas de changement radical d’habitude, on utilise comme une serviette classique mais en tissu. Confort très supérieur, zéro plastique, zéro produit chimique.

Le tuto couture : même base que les lingettes WC : tissu absorbant + tissu imperméable PUL au dos + système de fixation par bouton-pression. Les patrons gratuits abondent en ligne.

L’entretien : identique aux culottes menstruelles : rinçage à froid, machine à 40°, séchage air.

Et si la couture ce n’est vraiment pas ton truc, rassure-toi, il en existe quantité dans le commerce.


🥄 La cup menstruelle : la révolution silencieuse

La cup, c’est une petite coupelle souple en silicone médical qu’on insère dans le vagin pour recueillir le flux : pas l’absorber, le recueillir. On la vide, on la rince, on la réinsère.

Les avantages :

  • Durée de vie : 5 à 10 ans avec un entretien correct
  • Coût : 15 à 30€ une seule fois, contre 100-150€/an en protections classiques
  • Capacité : 3 à 4 fois supérieure à un tampon et on peut la porter 8 à 12h
  • Zéro produit chimique, zéro déchet

Ce qu’on ne dit pas assez : la cup demande un temps d’adaptation. Les deux ou trois premiers cycles, on apprend à la plier, à la positionner, à comprendre son corps. C’est normal de trouver ça compliqué au début. Et puis un jour ça clique et on se demande comment on a fait sans.

Attention : il existe différentes tailles et différentes souplesses selon les morphologies et les antécédents obstétricaux. On prend le temps de bien choisir : les guides de sélection en ligne sont très bien faits.


💿 Le disque menstruel, la petite dernière

Plus récent que la cup, moins connu, et pourtant… le disque menstruel est une alternative qui mérite qu’on en parle.

Contrairement à la cup qui se loge dans le vagin, le disque se place au niveau du fornix (le fond du vagin, juste sous le col). Il est souple, plat, et a une capacité encore supérieure à la cup.

Ses atouts particuliers :

  • Peut être porté pendant les rapports sexuels (contrairement à la cup)
  • Moins de sensation de pression pour celles qui trouvent la cup inconfortable
  • Compatible avec les morphologies qui ont du mal avec la cup

Son petit inconvénient : le retrait peut être un peu acrobatique au début. Mais comme tout, ça s’apprend. 😄


📊 Le comparatif écolonomique

ProtectionCoût annuelImpact écoloDurée de vie
Serviettes/tampons classiques100-150€❌ Très élevéUsage unique
Cup menstruelle~3€ (amorti)✅✅✅ Minimal5-10 ans
Disque menstruel~5€ (amorti)✅✅✅ Minimal1-2 ans
Culottes menstruelles achetées~20€ (amorti)✅✅ Très faible3-5 ans
Culottes menstruelles maison~1€ (amorti)✅✅✅ Minimal3-5 ans
Serviettes lavables maison~1€ (amorti)✅✅✅ Minimal3-5 ans

Le mot de la fin, et il vient du cœur

On nous a vendu pendant des décennies l’idée que nos règles sont quelque chose de sale, d’encombrant, à gérer le plus discrètement possible avec des produits « hygiéniques », blancs, parfumés, emballés dans du plastique. On n’a pas questionné. On a juste acheté.

Aujourd’hui on sait. On sait ce qu’il y a dedans. On sait ce que ça coûte. On sait qu’il existe mieux pour notre corps, pour notre porte-monnaie, pour la planète.

Alors on choisit. Chacune à son rythme, avec ses contraintes, à son niveau de confort. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise alternative, il y a juste celle qui te correspond, toi.

Et si tu veux te lancer mais que tu ne sais pas par où commencer : commence par une culotte menstruelle. Une seule. Pour voir. Ma fille et moi, on n’a pas regretté une seule seconde. 🌸

Dis-moi en commentaire où tu en es : déjà convertie, en pleine réflexion, ou encore dans le camp du « mouais » ? Tous les témoignages sont les bienvenus, promis ! 😄

À très vite pour la suite, Sandrine 🌿

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