🌱 Épisode 11 – Et si on se passait carrément des WC classiques ?

🌱 Épisode 11 – Et si on se passait carrément des WC classiques ?

Les alternatives qui changent tout

(et mon vécu sans filtre)

On a passé dix articles à optimiser nos WC classiques. On les a nettoyés, réparés, décorés, désodorisés, réorganisés de fond en comble.

Et maintenant je vais te parler de s’en passer. Partiellement ou totalement. 😄

Parce que la cohérence de cette série, c’est d’aller jusqu’au bout du questionnement. Et quand on sait qu’une chasse d’eau classique consomme entre 6 et 12 litres d’eau à chaque utilisation (pour éliminer en moyenne 300ml de liquide) on est en droit de se demander si on ne peut pas faire autrement.

Spoiler : on peut. Et je le fais. Avec un bilan honnête à la fin. 🌿


💧 D’abord : pourquoi remettre en question les WC classiques ?

Quelques chiffres qui donnent à réfléchir :

Les WC représentent 30 à 40% de la consommation d’eau d’un foyer. En France, on utilise de l’eau potable (traitée, filtrée, potable) pour chasser nos déjections dans des canalisations. Cette eau finit en station d’épuration où elle est retraitée à grand coût énergétique avant d’être rejetée.

Pendant ce temps, nos déjections (qui sont en réalité une ressource fertilisante exceptionnelle) sont mélangées à des produits chimiques, diluées, et perdues.

C’est un modèle qui date du XIXème siècle. Et comme beaucoup de choses qui datent du XIXème siècle… on peut se demander si on ne ferait pas mieux aujourd’hui. 😄


Les toilettes sèches : démystification complète

C’est quoi exactement ?

Les toilettes sèches, c’est le principe de séparer les déjections solides des liquides, et de les traiter sans eau via un processus de compostage ou de déshydratation. Pas de chasse d’eau. Pas de réseau d’assainissement. Pas d’eau potable gaspillée.

Les grands types de toilettes sèches

🌿 Les toilettes à litière biomaîtrisée (TLB) (le modèle de base)

Le principe le plus simple : un seau, un siège, et de la matière carbonée (sciure de bois, copeaux, paille hachée, feuilles mortes) qu’on ajoute après chaque utilisation pour couvrir les dépôts et enclencher le processus de compostage.

Le seau se vide régulièrement dans un composteur dédié, pas le composteur alimentaire, un composteur spécifique pour les matières fécales. Après 1 à 2 ans de compostage, on obtient un amendement très riche pour les arbres fruitiers ou les haies. Pas pour les légumes, on reste prudentes. 😄

Coût de départ : entre 0€ (un seau récupéré + des planches) et 200-300€ pour un modèle acheté avec séparateur urine intégré.

🌿 Les toilettes à séparation urine

Un modèle plus élaboré avec une cuvette conçue pour séparer les urines (collectées dans un bidon à part) des matières solides (compostées séparément). La séparation est la clé, c’est le mélange des deux qui génère les odeurs. Séparés, chacun est presque inodore.

L’urine diluée (1 volume d’urine pour 10 volumes d’eau) est un fertilisant azoté excellent pour les plantes. Les matières solides compostent beaucoup plus facilement et rapidement sans l’humidité des urines.

🌿 Les toilettes compostantes intégrées

Des systèmes plus sophistiqués avec chambre de compostage intégrée sous la cuvette. Plus chers (500 à 2000€), mais complètement autonomes et sans odeur quand ils sont bien dimensionnés. Plutôt pour les constructions neuves ou les rénovations importantes.

🌿 Les toilettes déshydratantes

Utilisent la chaleur (solaire ou électrique) pour déshydrater les matières et réduire considérablement leur volume. Moins courantes, plus techniques.


🏠 Mon vécu au quotidien : sans filtre et avec bémols

Alors voilà. J’ai utilisé des toilettes sèches chez moi. Et comme pour les lingettes WC, je n’y suis pas venue par militantisme pur : c’est un ensemble de raisons pratiques, écologiques et économiques qui m’y a amenée.

Ce qui m’a convaincue : La logique, d’abord. Utiliser de l’eau potable pour chasser des déjections dans un réseau qui va les retraiter à grand frais… une fois qu’on a vu le problème, on ne peut plus ne pas le voir. Et la simplicité du système TLB m’a surprise, c’est vraiment accessible.

Ce qui se passe au quotidien : Avec de la sciure ou des copeaux de bois en quantité suffisante, les odeurs sont quasi inexistantes. La matière carbonée fait son travail. Le seau se vide selon la taille du foyer (chez moi, toutes les deux à trois jours). Ça prend trois minutes. Le composteur fait le reste sans qu’on s’en occupe.

Les bémols honnêtes parce que ce serait vous mentir que de dire que c’est parfait :

🔸 La gestion du seau demande une organisation et une discipline que tout le monde n’a pas forcément envie d’avoir. Si on oublie d’ajouter la matière carbonée ou qu’on tarde à vider, ça se sent. Rapidement.

🔸 Le composteur dédié nécessite un espace extérieur. Pas adapté à tous les logements (appartement en ville, c’est compliqué).

🔸 Les invités. Voilà. 😄 Tout le monde n’est pas à l’aise avec le concept, et expliquer le fonctionnement à chaque visite peut devenir fatigant. On s’y fait, mais il faut le savoir.

🔸 La cohabitation avec des enfants demande un cadrage clair : la matière carbonée ça ressemble à de la terre et ça attire la curiosité des petits. On sécurise l’accès.

🔸 Le regard social, soyons honnêtes. On n’est pas encore dans une société où les toilettes sèches sont la norme. Certaines personnes trouvent ça bizarre, voire répugnant. On assume, on explique, et généralement les gens sont plus curieux qu’hostiles une fois qu’on dépasse le premier réflexe.

Mon verdict global : je suis revenue en arrière, notamment à cause du seau à vider qui n’était pas compatible avec mon état de santé mais ils sont toujours dans ma maison et reprendront sûrement vie un jour ou l’autre. Ce n’est pas le bon choix pour tout le monde, tout de suite.


🌿 Les autres alternatives moins radicales

La chasse d’eau économique, l’étape zéro

Pas encore prête pour les toilettes sèches ? L’étape intermédiaire existe : les mécanismes de chasse d’eau double débit (3L / 6L selon les besoins) divisent la consommation d’eau par deux. Sur une chasse ancienne, une simple brique posée dans le réservoir réduit déjà le volume d’eau à chaque chasse. Zéro investissement.

Les WC à récupération d’eau de pluie

Un système qui redirige l’eau de pluie collectée vers la chasse d’eau. Nécessite une installation spécifique et un espace de récupération, mais divise par deux à trois la consommation d’eau potable liée aux WC. De plus en plus accessible en termes de coût.

Les WC à compostage en appartement, ça existe !

Des modèles compacts conçus pour les petits espaces, avec système de déshydratation intégré. Encore peu répandus en France, mais ça progresse. Pour les urbanistes écolos en avance sur leur temps. 😄


📋 Le comparatif pour choisir

SystèmeCoût départConsommation eauComplexitéAdapté appartement
WC classiqueDéjà en place6-12L/chasse✅ Aucune✅ Oui
Double débit20-50€3-6L/chasse✅ Minimale✅ Oui
Récupération pluie500-1500€~0L eau potable⚠️ Installation⚠️ Difficile
TLB basique0-100€0L⚠️ Gestion seau❌ Non
TLB avec séparateur150-400€0L⚠️ Gestion seau❌ Non
Compostant intégré500-2000€0L✅ Automatique⚠️ Selon modèle

Le mot de la fin, sans injonction

On n’est pas toutes au même endroit dans nos vies, dans nos logements, dans nos contraintes. Les toilettes sèches, c’est formidable mais ce n’est pas pour tout le monde, tout de suite, dans tous les contextes.

Ce qui compte, c’est d’avoir l’information. De savoir que ça existe, que ça fonctionne, que des gens ordinaires le font au quotidien dans des maisons ordinaires. Et de faire ses propres choix en connaissance de cause.

Si tu es curieuse et que tu veux te lancer sans tout révolutionner : commence par une chasse double débit. C’est déjà un geste concret et mesurable. La suite viendra peut-être d’elle-même. 🌿

Et si les toilettes sèches t’intriguent vraiment, dis-le moi en commentaire. Je pourrais te faire un article dédié beaucoup plus détaillé sur l’installation et le quotidien. Si vous êtes assez nombreuses à être curieuses, c’est clairement une suite qui s’impose ! 😄

À très vite pour la suite, Sandrine 🌿

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